Co. Galway, Loughrea. Revirement.
Après l’étape du Connemara, des midges et du vent, direction Dublin. L’idée est de poursuivre ensuite vers Glendalough, hameau du parc national des monts de Wicklow où demeurent les vestiges d’un ancien monastère, puis de gagner Rosslare Europort, direction la France.
Passer des tourbières au béton est rude. Je suis à peine arrivée qu’il me tarde de quitter la grisaille de la capitale. Sans même un coup d’œil au Trinity College, je m’échappe. L’agglomération me semble interminable et les rues maussades.
Peu à peu, de l’herbe, des hêtres et des chênes sur l’accotement. Je prends de la hauteur et la ville est dans mon dos. Je m’arrête dans un café auquel est accolé un atelier de menuiserie. Le concept me sied, je propose mon aide à l’atelier pour quelques jours. Je fais équipe avec Eddie à la dégau-rabot pour préparer des encadrements de porte et des lames de volets. Le bois (du chêne, du pin et du cèdre rouge) vient d’Amérique ; l’Irlande compte peu de vieilles forêts : la majorité des peuplements a moins de 30 ans.
Je quitte les lieux pour Glendalough et réserve le ferry du retour pour la semaine qui suit. Je pense alors à Mark Boyle1, auteur du livre L’année sauvage, dans lequel il partage sa vie sans technologies complexes. Avant de partir, pourquoi ne pas tenter de rencontrer cet écrivain ? Prendre le train de Newbridge à Athenry puis me rendre à vélo à Loughrea, la région dans laquelle il vit prétendument ? Bien que le seul nom d’une ville soit un maigre renseignement, l’affaire se tente.

Jusqu’à Glendalough, les monts érodés s’enchaînent. La végétation est rase, composée d’herbe et de bruyères. Les ruines de l’ancien monastère se trouvent en fond de vallée, au milieu des épicéas, des hêtres et des chênes. Près du cimetière aux tombes éparpillées se dresse une tour ronde maçonnée de 33 mètres de haut.

- Écrivain irlandais surnommé Moneyless Man, auteur des livres L’homme sans argent et L’année sauvage ↩︎
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